Observatoire Sécurité.fr Données officielles, commune par commune

Pour la plupart des logements, une alarme n'est pas la première dépense à faire : des accès solides et quelques réflexes gratuits comptent davantage. Une alarme autonome vous alerte, mais c'est à vous de réagir. La télésurveillance ajoute une vérification par un opérateur et l'appel des forces de l'ordre, en échange d'un abonnement. Elle se justifie surtout pour une maison facile d'accès, souvent inoccupée, dans une commune où les cambriolages sont fréquents. Voici comment trancher, chiffres officiels à l'appui.

Les gestes gratuits suffisent souvent

Appartement en étage sans accès extérieur, logement rarement vide : renforcez la porte et signalez vos absences.

Une alarme autonome

Budget maîtrisé, sans abonnement, si vous (ou un voisin) pouvez réagir vite à une alerte sur le téléphone.

La télésurveillance

Maison de plain-pied, absences fréquentes, personne pour réagir. Pas pour vous si vous refusez tout engagement ou si le logement est rarement vide.

Commencer par les chiffres de votre commune

En 2025, la police et la gendarmerie ont enregistré 211 596 cambriolages de logement en France, soit 5,6 pour 1 000 logements. Le chiffre a reculé de 19,5 % en dix ans, mais progressé de 9,7 % depuis 2020, une année basse en raison des confinements.

Surtout, le risque varie énormément d'un endroit à l'autre : parmi les 484 villes de plus de 20 000 habitants, le taux va de 0,7 à 15,9 cambriolages pour 1 000 logements, un écart de plus de un à 21. Un même équipement n'a donc pas la même utilité partout. Retrouvez le taux de votre commune et sa comparaison avec la moyenne :

Ces chiffres comptent les faits enregistrés (plaintes et constatations), pas tous les faits commis ; notre méthodologie détaille leurs limites. Pour situer une ville, le classement des villes par taux de délinquance donne les écarts indicateur par indicateur.

Alarme autonome ou télésurveillance : ce qui change vraiment

Le matériel est souvent le même (centrale, détecteurs, sirène). La différence tient à qui reçoit l'alerte et qui agit.

Alarme autonomeTélésurveillance
Qui reçoit l'alerteVous, par la sirène et souvent une notification sur le téléphoneUn centre de télésurveillance, 24 h/24
Qui vérifieVous, si vous êtes joignableUn opérateur, par vidéo, audio ou envoi d'un agent (« levée de doute »)
Qui appelle la policeVous (17)L'opérateur, une fois l'intrusion confirmée
CoûtAchat du matériel, pas d'abonnement obligatoireAbonnement mensuel, souvent avec engagement et frais d'installation
InstallationSouvent par soi-même (systèmes sans fil)Par l'opérateur ou un installateur
Si vous êtes injoignableL'alerte peut rester sans suiteL'opérateur traite l'alerte

Un point mérite d'être connu : la télésurveillance ne déclenche pas d'intervention policière automatique. La loi impose à l'opérateur une levée de doute avant de solliciter les forces de l'ordre, sauf indice d'un danger pour des personnes (article L. 613-6 du code de la sécurité intérieure). C'est ce qui évite les déplacements pour de fausses alertes, et c'est aussi ce que vous payez : la qualité et la rapidité de cette vérification font la différence entre deux offres.

Avant tout système : ce qui protège le plus

La plupart des cambriolages visent les logements les plus faciles d'accès. Avant de comparer des alarmes, vérifiez les points qui coûtent peu ou rien :

  • La porte d'entrée : serrure multipoints certifiée A2P, bâti solidement fixé.
  • Les accès secondaires : porte de garage, baie arrière, fenêtres de plain-pied.
  • Les absences : l'Opération Tranquillité Vacances permet de demander gratuitement des passages de la police ou de la gendarmerie.
  • L'apparence d'occupation : courrier relevé, éclairage programmé.

Notre guide de prévention des cambriolages détaille ces réflexes, et le diagnostic ci-dessous indique lesquels concernent votre logement.

Quand la télésurveillance se justifie

Un abonnement a du sens quand plusieurs de ces situations se cumulent :

  • une maison ou un logement accessible de plain-pied (jardin, terrasse, rez-de-chaussée) ;
  • des absences fréquentes en journée ou de plusieurs jours, ou une résidence secondaire ;
  • personne à proximité pour réagir à une alerte ;
  • une commune où le taux de cambriolage dépasse nettement la moyenne nationale.

À l'inverse, pour un appartement en étage occupé la plupart du temps, une bonne porte et une alarme autonome simple suffisent généralement : un abonnement y apporte peu.

Ce qu'il faut vérifier avant de signer

  • L'autorisation d'exercer : une société de télésurveillance doit être autorisée par le CNAPS (Conseil national des activités privées de sécurité).
  • Les certifications : la marque NF&A2P (délivrée par le CNPP et AFNOR Certification) atteste la résistance du matériel, en trois niveaux de « boucliers » ; la certification APSAD P3 concerne le service de télésurveillance lui-même.
  • Achat ou location du matériel : à qui appartient-il, et que devient-il à la fin du contrat ?
  • La durée d'engagement : l'Institut national de la consommation conseille, dans l'idéal, de ne pas dépasser douze mois. Regardez aussi la reconduction, le préavis et les frais de résiliation anticipée.
  • Ce que couvre l'intervention : moyens de levée de doute, délai, déplacement d'un agent inclus ou facturé.
  • Le démarchage : après une vente à domicile, vous disposez de quatorze jours pour vous rétracter et aucun paiement ne peut être exigé avant sept jours. Ne signez pas de document antidaté ou demandant une exécution immédiate.
  • Votre assurance habitation : vérifiez ses exigences (serrures, matériel certifié) et si elle tient compte d'une alarme.

Diagnostic gratuit · 1 minute

Votre logement est-il bien protégé ?

La plupart des cambriolages sont des actes d'opportunité : ils visent les logements les plus faciles d'accès. Répondez à 5 questions, nous vous indiquons les points concrets à améliorer — le résultat s'affiche immédiatement, sans inscription.

  1. 1. Dans quel type de logement vivez-vous ?
  2. 2. Comment accède-t-on à votre logement ?
  3. 3. Vous occupez ce logement en tant que…
  4. 4. Aujourd'hui, de quoi votre logement est-il équipé ?
  5. 5. À quelle fréquence le logement reste-t-il inoccupé ?

Être prévenu des nouveaux chiffres

Les statistiques officielles de la délinquance sont publiées une fois par an. Laissez votre adresse : nous vous écrivons à chaque nouvelle publication. Un e-mail par an, désinscription en un clic.

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Questions fréquentes

Une alarme fait-elle baisser le risque de cambriolage ?

Une alarme visible et une sirène sont dissuasives pour les cambriolages d'opportunité, qui sont les plus fréquents, mais aucune statistique publique ne permet de chiffrer cet effet de façon fiable. Une alarme complète des accès solides ; elle ne les remplace pas : une porte facile à forcer reste le premier point faible d'un logement.

La police se déplace-t-elle quand une alarme se déclenche ?

Pas automatiquement. Une société de télésurveillance doit d'abord procéder à une « levée de doute » (vérification par vidéo, audio ou envoi d'un agent) avant de solliciter les forces de l'ordre, sauf indice d'un danger pour des personnes (article L. 613-6 du code de la sécurité intérieure). Avec une alarme autonome, c'est vous qui recevez l'alerte et décidez d'appeler le 17.

Combien coûte une télésurveillance ?

Les offres prennent presque toujours la forme d'un abonnement mensuel, auquel peuvent s'ajouter des frais d'installation et, en cas de départ anticipé, des frais de résiliation. Les tarifs varient fortement d'un opérateur à l'autre : comparez le coût total sur toute la durée d'engagement, pas seulement la mensualité affichée.

Peut-on installer une alarme quand on est locataire ?

Oui : les systèmes sans fil se posent sans travaux et se démontent au départ. Les modifications durables du logement (perçage de la façade, remplacement de la porte) supposent en revanche l'accord du propriétaire.

De combien de temps dispose-t-on pour se rétracter après un démarchage ?

Quatorze jours à compter du lendemain de la conclusion du contrat, en cas de démarchage à domicile ou de vente à distance. Le vendeur ne peut recevoir aucun paiement avant un délai de sept jours, et doit vous rembourser sous quatorze jours si vous vous rétractez (Institut national de la consommation).

Faut-il prévenir son assureur ?

C'est utile : certains contrats d'assurance habitation exigent des protections précises (serrures, matériel certifié) pour indemniser un cambriolage, et d'autres tiennent compte d'un système d'alarme dans le tarif. Vérifiez les conditions de votre propre contrat avant de choisir un équipement.

Sources