En 2025, l’Ille-et-Vilaine (1 120 666 habitants) reste en dessous des moyennes nationales sur la quasi-totalité des indicateurs de délinquance, à une exception notable : les cambriolages de logement, avec 3 572 faits enregistrés, soit 6,1 pour 1 000 logements contre 5,6 en France. Sur dix ans, les plus fortes progressions concernent les violences sexuelles (+159,3 %) et les violences intrafamiliales (+150,8 %), tandis que les vols violents sans arme reculent de 26,6 %.
Ce que mesurent ces chiffres
Les statistiques présentées ici recensent les faits enregistrés par la police et la gendarmerie. Elles ne mesurent pas la délinquance réelle : la propension à déposer plainte varie fortement selon les infractions — élevée pour un cambriolage (souvent exigée par l’assurance), plus faible pour des violences intrafamiliales ou sexuelles, où une hausse peut aussi traduire une libération de la parole et un meilleur accueil des victimes. Notre page méthodologie détaille ces limites.
Les indicateurs en hausse
Violences intrafamiliales : 3 592 faits en 2025, soit 3,2 pour 1 000 habitants, contre 1,3 en 2016. La hausse atteint +150,8 % sur dix ans et +43,9 % sur cinq ans. Le taux du département reste toutefois légèrement inférieur à celui de la Bretagne (3,3) et nettement en dessous de la moyenne nationale (3,8).
Violences sexuelles : 2 165 faits (1,9 pour 1 000 habitants), en hausse de +159,3 % sur dix ans et +68,7 % sur cinq ans. Le taux du 35 est quasiment identique à la moyenne française (1,9) et proche de la moyenne bretonne (1,9).
Cambriolages de logement : 3 572 faits, soit 6,1 pour 1 000 logements, en hausse de +90,5 % sur dix ans et de +107,4 % sur cinq ans. Cette évolution quinquennale se calcule depuis 2020, point bas de la série (3,0 pour 1 000 logements), ce qui amplifie mécaniquement le pourcentage. Reste que 2025 marque le plus haut niveau de la décennie, au-dessus des moyennes bretonne (5,3) et nationale (5,6).
Escroqueries et fraudes aux moyens de paiement : 6 646 faits (5,9 pour 1 000 habitants), +74,9 % sur dix ans et +46,1 % sur cinq ans. Le département se situe au niveau de la Bretagne (5,9) et sous la moyenne nationale (6,5).
Vols liés aux véhicules : les vols de véhicule (1 715 faits, 1,5 pour 1 000 habitants, +56,3 % sur cinq ans) et les vols dans les véhicules (3 792 faits, 3,4 pour 1 000, +56,9 % sur cinq ans) progressent nettement depuis 2020, tout en restant sous les taux nationaux (respectivement 1,8 et 3,4).
Les indicateurs en baisse ou stables
Vols violents sans arme : 590 faits (0,5 pour 1 000 habitants), en baisse de 26,6 % sur dix ans et de 5,6 % sur cinq ans. C’est le seul indicateur en recul sur les deux horizons.
Destructions et dégradations volontaires : 7 543 faits (6,7 pour 1 000 habitants), en baisse de 15,7 % sur dix ans et stables sur cinq ans (+0,4 %).
Vols sans violence contre des personnes : 8 614 faits (7,7 pour 1 000 habitants), en baisse de 7,5 % sur dix ans, malgré un rebond de +23,2 % depuis 2020. Le taux reste bien inférieur à la moyenne nationale (9,1).
Vols d’accessoires sur véhicules : 1 129 faits (1,0 pour 1 000 habitants), −24,9 % sur dix ans.
Les vols avec armes demeurent rares : 91 faits en 2025, soit 0,08 pour 1 000 habitants, contre 0,12 au niveau national.
Le 35 face à la Bretagne et à la France
Le tableau ci-dessous compare les taux 2025 pour 1 000 habitants (pour 1 000 logements pour les cambriolages).
| Indicateur | Ille-et-Vilaine | Bretagne | France |
|---|---|---|---|
| Violences intrafamiliales | 3,2 | 3,3 | 3,8 |
| Violences hors cadre familial | 2,3 | 2,3 | 3,2 |
| Violences sexuelles | 1,9 | 1,9 | 1,9 |
| Cambriolages (‰ logements) | 6,1 | 5,3 | 5,6 |
| Vols sans violence | 7,7 | 5,9 | 9,1 |
| Vols de véhicule | 1,5 | 1,2 | 1,8 |
| Dégradations volontaires | 6,7 | 6,8 | 7,9 |
| Escroqueries et fraudes | 5,9 | 5,9 | 6,5 |
Le schéma est net : l’Ille-et-Vilaine se situe sous les moyennes nationales sur presque tous les indicateurs, mais au-dessus des moyennes bretonnes pour la plupart des atteintes aux biens (cambriolages, vols sans violence, vols liés aux véhicules), un positionnement à mettre en perspective avec le poids démographique de la métropole rennaise dans une région à dominante plus rurale.
Des écarts marqués entre communes
| Commune | Population | Cambriolages / 1 000 logements | Violences / 1 000 hab. |
|---|---|---|---|
| Rennes | 230 890 | 4,8 | 4,2 |
| Saint-Malo | 47 439 | 4,4 | 4,8 |
| Fougères | 20 307 | 2,7 | 4,1 |
| Bruz | 19 683 | 6,7 | 2,1 |
| Vitré | 19 365 | 4,3 | 3,3 |
| Cesson-Sévigné | 18 761 | 17,2 | 1,2 |
| Saint-Jacques-de-la-Lande | 13 800 | 6,6 | 1,8 |
| Betton | 12 964 | 8,3 | 1,6 |
Deux profils se dessinent : les villes-centres (Rennes, Saint-Malo, Fougères) affichent les taux de violences les plus élevés mais des taux de cambriolages modérés, tandis que plusieurs communes périphériques de la métropole rennaise (Cesson-Sévigné, Betton, Bruz) présentent le schéma inverse. Prudence toutefois : à l’échelle d’une commune de 15 000 ou 20 000 habitants, quelques dizaines de faits suffisent à faire varier fortement un taux d’une année sur l’autre. Le chiffre de Cesson-Sévigné (17,2 cambriolages pour 1 000 logements) doit ainsi être lu avec ce recul. Le site propose des fiches détaillées pour 128 communes du département.
Stupéfiants : des indicateurs d’activité des services
Les indicateurs de stupéfiants comptabilisent des mis en cause, et reflètent donc d’abord l’activité des forces de l’ordre (contrôles, opérations), pas le niveau réel de consommation ou de trafic. En 2025, l’usage de stupéfiants concerne 3 378 mis en cause (3,0 pour 1 000 habitants, +82,8 % sur dix ans), auxquels s’ajoutent 2 361 amendes forfaitaires délictuelles (2,1 pour 1 000), un dispositif dont la série ne démarre qu’en 2020 et qui progresse de +311,5 % sur cinq ans. Le trafic de stupéfiants représente 729 mis en cause (0,7 pour 1 000, +60,0 % sur dix ans). Sur ces trois indicateurs, le 35 se situe au-dessus des taux bretons mais en dessous des taux nationaux.