En dix ans, le nombre de cambriolages de logements enregistrés en France est passé de 248 887 faits en 2016 (7,0 pour 1 000 logements) à 211 596 en 2025 (5,6 ‰), soit une baisse de 19,5 %. La trajectoire n’a pourtant rien de linéaire : un pic en 2017 (7,0 ‰), un creux marqué en 2021 (5,1 ‰), puis une remontée partielle qui s’est interrompue en fin de période. Derrière cette moyenne nationale, les écarts entre régions restent importants.
Une décennie en trois temps
Le point haut de la décennie se situe en 2017, avec 252 956 cambriolages enregistrés, soit 7,0 faits pour 1 000 logements. Les deux années suivantes amorcent un premier repli : 236 817 faits en 2018 (6,5 ‰), puis 236 661 en 2019 (6,5 ‰).
La rupture intervient en 2020 et 2021, deux années marquées par les confinements et les restrictions de déplacement. Le nombre de faits enregistrés tombe à 189 289 en 2020 (5,1 ‰), puis reste à un niveau comparable en 2021 avec 189 892 faits — le taux le plus bas de la décennie, à 5,1 ‰. Cette période coïncide avec une présence accrue des habitants à leur domicile, sans que l’ensemble de la baisse puisse être attribué à ce seul contexte.
Suit une remontée partielle : 211 458 faits en 2022 (5,6 ‰), 217 078 en 2023 (5,8 ‰), 218 156 en 2024 (5,8 ‰). L’année 2025 marque un nouveau repli, à 211 596 faits (5,6 ‰) — un niveau nettement inférieur à celui d’avant 2020, mais supérieur au creux de 2021.
| Année | Faits enregistrés | Taux pour 1 000 logements |
|---|---|---|
| 2016 | 248 887 | 7,0 |
| 2017 | 252 956 | 7,0 |
| 2018 | 236 817 | 6,5 |
| 2019 | 236 661 | 6,5 |
| 2020 | 189 289 | 5,1 |
| 2021 | 189 892 | 5,1 |
| 2022 | 211 458 | 5,6 |
| 2023 | 217 078 | 5,8 |
| 2024 | 218 156 | 5,8 |
| 2025 | 211 596 | 5,6 |
Ce mouvement s’inscrit dans une tendance plus large : sur la même période, le taux de vols sans violence passe de 10,6 à 9,1 pour 1 000 habitants, et celui des dégradations de 9,4 à 7,9 ‰.
Des trajectoires régionales très contrastées
La baisse nationale de 19,5 % masque des évolutions régionales qui vont du simple recul à la division par trois du taux — et, à l’inverse, des hausses sensibles.
| Région | Taux 2016 | Taux 2025 | Évolution sur 10 ans |
|---|---|---|---|
| Corse | 2,6 ‰ | 0,9 ‰ | −66,9 % |
| La Réunion | 5,7 ‰ | 2,3 ‰ | −60,3 % |
| Guadeloupe | 11,1 ‰ | 4,9 ‰ | −55,9 % |
| Mayotte | 15,0 ‰ | 7,6 ‰ | −49,5 % |
| Bretagne | 3,6 ‰ | 5,3 ‰ | +46,7 % |
| Centre-Val de Loire | 6,1 ‰ | 6,8 ‰ | +12,0 % |
| Nouvelle-Aquitaine | 5,7 ‰ | 5,6 ‰ | −1,2 % |
| Normandie | 4,6 ‰ | 4,5 ‰ | −1,9 % |
Taux pour 1 000 logements.
Les reculs les plus marqués concernent la Corse et trois territoires d’outre-mer. La Guadeloupe et Mayotte partaient de niveaux élevés en 2016 (respectivement 11,1 ‰ et 15,0 ‰) et voient leur taux divisé par deux, ou presque, en dix ans (−55,9 % et −49,5 %). La Corse affiche en 2025 le taux le plus bas du tableau, à 0,9 ‰.
À l’autre extrémité, la Bretagne enregistre une hausse de 46,7 %. Ce chiffre demande à être replacé dans son contexte : la région partait en 2016 d’un niveau très inférieur à la moyenne nationale (3,6 ‰ contre 7,0 ‰) et reste, en 2025, légèrement en dessous du niveau national (5,3 ‰ contre 5,6 ‰). Le Centre-Val de Loire progresse de 12,0 % et se situe au-dessus de la moyenne (6,8 ‰). La Nouvelle-Aquitaine et la Normandie sont quasi stables (−1,2 % et −1,9 %). Ces écarts sont à mettre en perspective avec les caractéristiques de chaque territoire : densité, part de résidences secondaires ou attractivité touristique.
Ce que mesurent — et ne mesurent pas — ces chiffres
Ces statistiques comptabilisent les faits enregistrés par la police et la gendarmerie, pas la délinquance dans son ensemble. Le dépôt de plainte varie selon les infractions : pour les cambriolages, il est souvent nécessaire aux démarches d’assurance, ce qui en fait un indicateur relativement bien suivi, sans être exhaustif pour autant.
Autre précaution de lecture : à l’échelle des communes, en particulier les plus petites, quelques faits de plus ou de moins suffisent à faire fortement varier un taux d’une année sur l’autre. Les comparaisons y sont plus fragiles qu’aux échelles départementale, régionale ou nationale.
Quatre réflexes de prévention
- Soigner les fermetures. Verrouiller systématiquement portes et fenêtres, même pour une absence courte, et porter une attention particulière aux accès les moins visibles : porte de garage, fenêtres de rez-de-chaussée, baies donnant sur l’arrière.
- S’inscrire à l’Opération Tranquillité Vacances. Ce dispositif gratuit, proposé par les commissariats et brigades de gendarmerie, permet de signaler une absence prolongée : des passages de patrouille sont alors organisés au domicile.
- Limiter les signes d’absence visibles depuis la rue. Boîte aux lettres qui déborde, volets fermés en continu : demander à un voisin ou un proche de relever le courrier et de varier l’aspect du logement réduit ces signaux.
- Rester discret sur ses absences. Éviter d’annoncer ses dates de vacances publiquement en ligne, et ne pas laisser d’objets de valeur visibles depuis l’extérieur.