Observatoire Sécurité Données officielles, commune par commune

À Séné (Morbihan), le taux de cambriolages est passé de 9,6 à 3,4 faits pour 1 000 logements entre 2016 et 2025, soit un recul de 64,4 % : c’est la plus forte baisse parmi les 119 communes bretonnes de plus de 5 000 habitants que nous avons analysées. Neuf autres communes affichent une diminution d’au moins 25 % sur la période, de Baud (−54,3 %) à Guichen (−25,6 %). Ces trajectoires locales méritent d’autant plus d’attention que la région, dans son ensemble, évolue à la hausse sur la même période — un contraste que nous détaillons plus bas.

Le classement des 10 plus fortes baisses

CommuneDép.Faits 2016 → 2025Taux 2016 (‰)Taux 2025 (‰)Évolution
Séné5650 → 199,63,4−64,4 %
Baud5621 → 106,53,0−54,3 %
Gouesnou2931 → 2011,76,9−41,5 %
Guidel5630 → 214,62,9−37,4 %
Caudan5619 → 136,34,0−36,4 %
Briec2930 → 2011,47,3−35,8 %
Perros-Guirec2216 → 112,21,5−35,4 %
Vannes56208 → 1456,24,1−34,8 %
Le Relecq-Kerhuon2935 → 266,34,5−29,2 %
Guichen3519 → 165,13,8−25,6 %

Périmètre : communes bretonnes de plus de 5 000 habitants dont les données de cambriolages sont diffusées aux deux bornes de la période (2016 et 2025), soit 119 communes. Taux exprimés en faits enregistrés pour 1 000 logements.

Le Morbihan concentre la moitié du classement (Séné, Baud, Guidel, Caudan, Vannes), le Finistère en compte trois (Gouesnou, Briec, Le Relecq-Kerhuon), les Côtes-d’Armor et l’Ille-et-Vilaine une chacune (Perros-Guirec, Guichen).

Vannes constitue le cas le plus solide statistiquement : avec 55 790 habitants, c’est de loin la plus grande commune du classement, et sa baisse — de 208 faits enregistrés en 2016 (6,2 ‰) à 145 en 2025 (4,1 ‰) — repose sur des volumes nettement plus importants que ceux des autres communes. Perros-Guirec affiche pour sa part le taux le plus bas du classement en 2025, avec 1,5 ‰. Plusieurs communes du top 10 sont littorales (Séné, Guidel, Perros-Guirec) : un profil à mettre en perspective avec le poids des résidences secondaires, qui entrent dans le parc de logements servant de dénominateur au taux.

Un contraste régional à connaître

Ces baisses locales s’inscrivent dans un contexte régional qui, lui, va dans l’autre sens. En Bretagne, le taux de cambriolages est passé de 3,6 à 5,3 faits pour 1 000 logements entre 2016 et 2025, soit une hausse de 46,7 % sur dix ans. Dans le même temps, la France a suivi la trajectoire inverse : de 7,0 à 5,6 ‰, en baisse de 19,5 %.

Deux lectures complémentaires s’imposent. D’un côté, la dynamique bretonne est défavorable, et l’écart avec le reste du pays s’est nettement resserré. De l’autre, le niveau régional reste inférieur à la moyenne nationale : 5,3 ‰ contre 5,6 ‰ en 2025. La Bretagne partait en effet de très bas en 2016 (3,6 ‰, contre 7,0 ‰ au niveau national). Autrement dit, la région — environ 3,4 millions d’habitants — demeure en 2025 légèrement moins exposée aux cambriolages que la moyenne française, mais la convergence des deux courbes est réelle et mérite d’être suivie dans les prochaines années.

C’est précisément ce qui rend le classement ci-dessus intéressant : ces dix communes ont vu leur taux reculer alors que la tendance régionale était orientée à la hausse.

Lire ces chiffres avec prudence

Trois précautions sont indispensables avant d’en tirer des conclusions.

Des faits enregistrés, pas la délinquance totale. Ces statistiques comptabilisent les faits enregistrés par la police et la gendarmerie, le plus souvent à la suite d’un dépôt de plainte. Elles ne mesurent donc pas l’ensemble de la délinquance : la propension à porter plainte varie selon les infractions et les situations.

Des petits effectifs à l’échelle communale. Hormis Vannes, les communes du classement comptent entre 10 et 26 cambriolages enregistrés en 2025. À ces niveaux, quelques faits de plus ou de moins suffisent à faire varier fortement un taux d’une année sur l’autre. Une baisse constatée entre deux années, même marquée, n’est ni une tendance garantie ni une promesse pour l’avenir.

L’effet de base joue dans les deux sens. Les trois plus fortes hausses régionales sur la période — Pluvigner (Morbihan), Trégunc (Finistère) et Vezin-le-Coquet (Ille-et-Vilaine) — partent toutes de 6 faits enregistrés en 2016. Pluvigner passe ainsi de 1,6 à 11,9 ‰ (+627,5 %), Trégunc de 1,2 à 7,6 ‰ (+530 %) et Vezin-le-Coquet de 2,8 à 13,4 ‰ (+378 %). Ces pourcentages, impressionnants en apparence, traduisent surtout la sensibilité des taux communaux aux petits nombres — exactement le mécanisme qui peut aussi amplifier les baisses du classement ci-dessus.

Pour un particulier qui prépare un déménagement ou un achat immobilier, le bon réflexe consiste donc à regarder le niveau du taux plutôt que sa seule évolution, à l’observer sur plusieurs années, et à le comparer au département, à la région et à la moyenne nationale.

Pour aller plus loin

Guide de prévention : 12 réflexes contre les cambriolages

Notre guide gratuit (PDF) : les gestes qui réduisent réellement les risques, la checklist avant un emménagement et les dispositifs officiels gratuits.

Lien partenaire : si vous souscrivez via ce lien, nous percevons une commission, sans surcoût pour vous. Notre sélection de statistiques et nos analyses restent indépendantes.

Source et limites de la donnée

  • Source : Base statistique communale de la délinquance enregistrée — Ministère de l'Intérieur — SSMSI, publiée sous Licence Ouverte / Open Licence 2.0. Millésime 2025 (données 2016-2025), fichier produit le 25 juin 2026.
  • Ce que mesurent ces chiffres : des faits enregistrés par la police et la gendarmerie — pas l'intégralité de la délinquance réelle. Certains faits ne sont pas signalés, et la propension à porter plainte varie selon les infractions et dans le temps.
  • Prudence sur les petits effectifs : quelques faits de plus ou de moins peuvent faire fortement varier un taux. Les chiffres trop faibles pour être significatifs ne sont pas diffusés par le ministère (secret statistique) et sont signalés comme « donnée non communiquée ».
  • Lire la méthodologie complète (mode de calcul des taux, comparaisons, seuils de publication).